SECO et Sanctions Internationales

Les sanctions internationales contre un pays sont à la mode, même si historiquement elles n’ont jamais eu d’autre effet que de créer un marché parallèle.
Citons par exemple le cas de Cuba et des frères Castro, le régime est sous sanctions depuis 1962 et ces dernières ont été renforcées sans succès par l’administration Clinton en 1995.
On peut imaginer qu’il serait facile de les faire respecter s’agissant d’une île proche des côtes américaines et en partie sous contrôle américain. En réalité il n’en est rien, mais UBS a quand même été condamné en 2004 à payer une amende de USD100M pour avoir violé l’embargo et réalisé du change pour le compte de l’Etat cubain. Troisième fournisseur de l’Etat cubain les USA ont commencé à assouplir l’embargo en 2009.

Pour suivre l’évolution des sanctions, les intermédiaires financiers bénéficient de l’aide du SECO (Secrétariat d’Etat à l’Economie) dont le site Internet permet une mise à jour de la compliance sur les pays/personnes concernés.
En cas de besoin le SECO est disponible pour répondre à toutes vos questions.

Voir le site à l’adresse :
http://www.seco.admin.ch/themen/00513/00620/00622/index.html?lang=fr

Certains établissements à l’instar des filiales de banques étrangères doivent également faire attention aux éventuelles sanctions qui peuvent être imposées à la maison mère.

Code Pénal article clés

Art 69/73 Confiscation
Art 71 Créance compensatrice
Art 137 Infraction contre le patrimoine, appropriation illégitime mobilière.
Art 138 Abus de confiance (crime)
Art 139 Vol (crime)
Art 141 Soustraction d’une chose mobilière sans dessein d’appropriation (délit)
Art 141 bis Utilisation sans droit des valeurs patrimoniales (délit)
Art 146 Escroquerie (crime)
Art 147 Utilisation frauduleuse d’un ordinateur
Art 150 Obtention frauduleuse d’une prestation
Art 152 Faux renseignements sur des entreprises commerciales
Art 157 Usure (crime)
Art 158 Gestion déloyale (crime)
Art 161 Délit d’initié (délit)
Art 161 bis Manipulation de cours
Art 163 Banqueroute frauduleuse
Art 164 Diminution d’actifs au préjudice des créanciers (crime)
Art 165 Gestion fautive (d’un débiteur)
Art 251 Faux dans les titres , avantages illicites, créer un faux falsifié en titre Faux matériel definition : le support lui-même n’est pas original
Art 252 Faux dans les certificats
Art 253 Obtention frauduleuse d’une constatation fausse
Art 254 Suppression de titres pour obtenir un avantage
Art 260 quinquies Financement du terrorisme
Art 305 bis Blanchiment d’argent ( doit provenir d’un crime)
Art 9 al 1 let b LBA tentative de blanchiment
Art 305 ter Défaut de vigilance en matière d’opération financière ( vérification identité)
Art 314 g Gestion déloyale des intérêts publics
Art 317 Faux dans les titres commis dans l’exercice de fonctions publiques
Art 322 ter Corruption d’agents publics suisses(actif)
Art 322 quarter Corruption agents publics suisses (passif)

Art 322 quinquies Octroi d’un avantage délit
Art 322 sexies Acceptation d’un avantage délit
Art 322 septies Corruption d’un agent étranger (crime actif)
Art 325 Inobservation des règles comptables
Art 337 Crime commis à l’étranger

Responsabilité de l’entreprise

Art 102 punissabilité (alinéa 1 responsabilité faible)
(alinéa 2 responsabilité forte , blanchiment, organisation criminelle..)

Intention (imprévoyance coupable)

Art 12 al 1 et 2 CP
Art 11 CDB 08 al 3 en cas de violation de l’art 6 et 8 une sanction ne sera prononcée qu’en présence d’une violation intentionnelle

Whistleblowing

Le whistleblowing a certainement sa place dans la réglementation et sa pratique peut permettre de protéger les actionnaires aussi bien que les employés des établissements financiers des délires cupides de certains cadres.
Il se heurte encore à la pratique du secret bancaire et pose également le problème de l’application de l’article 321 du code des obligations (la fidélité à l’employeur). Néanmoins les mentalités évoluent et l’administration se protège de la corruption ou d’autres pratiques en proposant aux fonctionnaires de signaler les écarts de conduite :

The duty to report and the right to report (whistleblowing) :

A whistleblower is somebody who provides information about the unacceptable and intolerable behaviour of individuals in organisations and companies. Have you in your work come across criminal behaviour or other irregularities? Report them. You do not need to be afraid of negative repercussions.
Based on the Federal Personnel Act, it is your duty to report crimes and offences which you become aware of in the course of your work (duty to report).
You can file charges of this nature with the prosecuting authorities, with your superior, or with the Swiss Federal Audit Office (SFAO). In addition, you also have the right to report other irregularities (e.g. inadequate supervision or management, etc.) directly to the SFAO (right to report).
The SFAO also accepts anonymous reports. If you file charges or make a report in good faith, you are protected by law from any discrimination in your job resulting from this. You can make an important contribution through your vigilance in preventing or revealing corrupt or improper behaviour.

Do you have suspicions? Call Swiss Federal Audit Office , 031 323 10 35.

Dans le domaine bancaire, les cas de whistleblowing se multiplient mais ils se mélangent avec des intérêts personnels des dénonciateurs comme dans les cas Rudolf Helmer (Julius Baer) ou Brad Brikenfeld.
De toute évidence les institutionnels, fonds de pension et autres actionnaires majeurs des banques cotées devraient favoriser la pratique du whistleblowing en attendant une réglementation spécifique.

La perte d’UBS Londres ( cas Kweku Adoboli ) a couté 10 % de la capitalisation boursière du groupe UBS dans la journée de l’annonce de la perte.

http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance/8764363/City-rogue-trader-Kweku-Adoboli-arrested-over-2bn-UBS-loss.html

Toujours chez UBS Londres le cas Sachin Karpe dénoncé pour un virement personnel de 5000 USD à sans doute éviter une catastrophe annoncée.

Voir l’article ci-dessous , (source Bloomberg) 16 décembre 2011 :

UBS “was to some extent complicit” in Sachin Karpe’s unauthorized trades because “senior managers” were copied on e-mails about some client accounts, Karpe’s lawyer, Michael Blair, said at a court hearing in London this week. An external auditor’s review, commissioned by the bank, determined there were no controls to prevent internal unauthorized transfers or loans between clients of the bank unit, Blair said.

“He did not circumvent controls because there were none in place,” Blair said. “If there were no rules, he could not have been proved to be doing anything wrong.”
The case is one of three challenges by individual UBS bankers to Financial Services Authority enforcement actions stemming from the unauthorized trades. Zurich-based UBS in 2009 paid an 8 million pound-fine and agreed to reimburse customers $42.4 million.

Karpe, who is also accused of moving money between client accounts to hide losses from unauthorized foreign-exchange trades and helping a client use an offshore investment fund in violation of Indian law, is challenging the FSA fine at a court hearing that began Dec. 12.

Karpe, who was fired from his post overseeing Indian clients on the Asia-2 desk, accepts that he deserves a lifetime ban from working in Britain’s financial services industry, Blair said.
“That’s quite a considerable scalp for the FSA and it’s not being challenged,” Blair said. The fine isn’t an“appropriate penalty” because it would bankrupt Karpe, he said.

Karpe and his desk made as many as 50 unauthorized trades a day over a two-year period, according to the FSA. Over a one-year period from 2006 to 2007, he placed 1,404 foreign-exchange trades with values of $11.3 billion, 4.3 billion pounds, 1.9 billion euros ($2.5 billion), 109 billion Japanese yen ($1.4 billion), and 1.1 billion Swiss francs ($1.1 billion), the regulator said in court documents.

The trades were discovered after a UBS whistle-blower reported a $5,000 transfer from a customer account to Karpe’s personal bank account in 2007, the FSA said.